Dans de nombreux cas, oui : selon SuisseEnergie, le programme de la Confédération pour l'énergie, les radiateurs déjà en place peuvent rester quand on passe à la pompe à chaleur. Ce qui décide, ce n'est pas la fonte, c'est la température de l'eau qu'ils demandent par grand froid. Or, selon la même source, des radiateurs posés avant 1980 demandent 60 à 70 °C par -8 °C dehors, à la limite de ce que fournit une pompe à chaleur, voire au-dessus : chez vous, tout dépend de leur taille et de l'isolation, et ça se vérifie. Je suis Loïc Guiraud, chauffagiste à Clèbes (Nendaz) : voici comment le savoir pour votre maison, et ce qu'on fait quand ça ne suffit pas.
Selon SuisseEnergie, il ne faut pas forcément refaire toute l'installation pour poser une pompe à chaleur : dans de nombreux cas, les radiateurs existants peuvent rester. De nombreuses maisons anciennes non rénovées peuvent être chauffées efficacement, moyennant quelques adaptations.
Tout se joue sur une notion : la température de départ, c'est-à-dire la température de l'eau qui quitte la chaudière, ou la pompe à chaleur, pour partir dans vos radiateurs. Pour un fonctionnement efficace, SuisseEnergie demande une bonne isolation et des températures de départ basses, comme celles d'un chauffage au sol, de murs chauffants ou de radiateurs de grande surface.
Et la fonte ? SuisseEnergie classe les radiateurs par année de pose et par température, pas par matière : un radiateur en fonte se juge comme les autres. Mais la fonte est en général ancienne, et ma fiche de relevé « Remplacement de chaufferie » la note d'ailleurs « radiateurs fonte (anciens) ». Or les radiateurs posés avant 1980 sont ceux qui demandent l'eau la plus chaude : c'est ce cas-là qui se vérifie chez vous. Le passage complet, de l'étude à la mise en service : remplacer son chauffage par une pompe à chaleur.
Par -8 °C dehors, SuisseEnergie donne ces températures de départ usuelles : 60 à 70 °C pour des radiateurs posés avant 1980, 50 à 60 °C de 1980 à 2000, 40 à 50 °C de 2000 à 2010 et 35 à 40 °C après 2010 ; un sol chauffant travaille entre 30 et 50 °C selon son âge. Je les ai placées, à titre indicatif, face à la limite légale d'un radiateur neuf en Valais et à la température maximale d'une pompe à chaleur.
Comment la lire. Les radiateurs posés après 2000 et les sols chauffants demandent 50 °C ou moins. Ceux de 1980 à 2000 (50 à 60 °C) atteignent la limite basse des pompes à chaleur (55 °C). Ceux d'avant 1980 (60 à 70 °C) sont dans la plage de 55 à 65 °C, voire au-dessus de la plus haute. Ce sont des repères de réglage, pas un test : selon le projet de recherche EffiWag, soutenu par l'Office fédéral de l'énergie, des radiateurs surdimensionnés, fréquents autrefois, permettent de baisser directement la température de départ.
Selon le projet de recherche EffiWag, soutenu par l'Office fédéral de l'énergie sur cinq immeubles de la région de Zurich, une pompe à chaleur air/eau (elle prend la chaleur de l'air dehors pour chauffer l'eau du chauffage) qui alimente des radiateurs classiques à 60 °C et plus a, par grand froid, un coefficient de performance de seulement 1,6 à 1,8 ; avec des émetteurs basse température (sol chauffant, grands radiateurs), il monte à 2,5, soit environ 50 % de chaleur en plus pour la même électricité. Le coefficient de performance (COP), c'est la chaleur produite pour 1 kWh d'électricité.
Ces adaptations ont un prix : selon SuisseEnergie, les coûts sont souvent plus élevés dans les bâtiments anciens à cause des adaptations de la distribution de chaleur. Les ordres de grandeur publiés : prix d'une pompe à chaleur en Valais ; l'aide du canton : subvention pompe à chaleur en Valais.
Vous pouvez voir dès cet hiver si vos radiateurs ont de la marge, avec une méthode de SuisseEnergie : par temps légèrement sous 0 °C, baisser la courbe de chauffe de 3 °C, puis relever la température des pièces pendant deux semaines. La courbe de chauffe est le réglage qui fixe la température de départ selon la température dehors. La fiche ne dit pas si une pompe à chaleur conviendra : c'est un relevé utile et facultatif, pas un test officiel.
Commencez un jour où il fait légèrement moins de 0 °C dehors.
La température de départ, si votre chaudière l'affiche, et la température des pièces où vous vivez.
Repère de SuisseEnergie : sur des radiateurs, baisser la courbe de 5 °C fait baisser la pièce d'environ 2,5 °C. Avec 3 °C, la baisse dans les pièces sera plus petite.
Notez la température des pièces, et lesquelles refroidissent en premier.
Pas besoin d'attendre ce relevé pour m'écrire : le type de vos radiateurs et votre consommation suffisent pour commencer. Si vous le faites et que vos pièces restent confortables après la baisse, c'est bon signe : c'est une information utile pour ma visite. Si vous ne savez pas où se règle la courbe, n'y touchez pas : notez les températures, c'est déjà utile. Le réglage se fait sur place, par exemple lors de l'entretien annuel de votre chaudière.
Pour dire si vos radiateurs suffiront, je relève l'isolation et les émetteurs de chaleur, c'est-à-dire ce qui diffuse la chaleur dans les pièces (radiateurs ou sol). Ce sont deux des dix rubriques de ma fiche de relevé « Remplacement de chaufferie ».
J'en note l'état général, puis la toiture, les façades et les fenêtres. Une maison mieux isolée demande moins de chaleur, donc une eau moins chaude dans les mêmes radiateurs.
Le type (radiateurs en fonte, radiateurs récents en acier ou en aluminium, chauffage au sol, ou un mélange), la température de départ actuelle et la présence de robinets thermostatiques : ces têtes graduées qui ouvrent ou ferment chaque radiateur selon la température de la pièce.
J'y ajoute votre consommation sur 2 à 3 ans, pour choisir la bonne puissance de pompe à chaleur. Ensuite, c'est mon travail : le diagnostic, l'hydraulique (les tuyaux, pompes et vannes entre la machine et vos radiateurs) et les réglages, dont la courbe de chauffe. Un exemple de chantier, avec la chaufferie en photos : une chaudière à gaz remplacée par une pompe à chaleur air/eau à Lausanne.
Quand vos radiateurs demandent une eau trop chaude pour une pompe à chaleur, voici les quatre solutions que j'étudie : remplacer quelques radiateurs par des modèles plus grands, isoler, poser un chauffage au sol, ou choisir une chaudière à pellets automatique.
Selon des questions-réponses non datées de l'Office fédéral de l'énergie, il vaut presque toujours la peine de remplacer les anciens radiateurs par des modèles de plus grande surface. Pas forcément tous : on commence par les pièces qui manquent de chaleur. En Valais, un radiateur neuf ou remplacé doit être dimensionné pour 50 °C de départ au plus (ordonnance sur l'énergie, art. 36).
Des fenêtres, une façade ou une toiture refaites font baisser le besoin de chaleur, donc la température de départ. Attention : la subvention cantonale « rénovation globale » (mesure M-10 : bâtiments autorisés avant 2000, certificat énergétique cantonal des bâtiments CECB Plus obligatoire, gain d'au moins deux classes CECB) ne se cumule pas avec celle de la pompe à chaleur (directive 2025, toujours publiée par le canton au 6 novembre 2026). Si vous prévoyez une rénovation de cette ampleur, on fait le calcul avant de changer le chauffage seul. Le détail : prix d'une pompe à chaleur en Valais.
Un sol chauffant posé après 2010 travaille à 30 à 35 °C par -8 °C dehors (SuisseEnergie), et un sol neuf doit être dimensionné pour 35 °C de départ au plus (ordonnance sur l'énergie, art. 36). C'est un gros chantier. Pour une villa moyenne qui passe de l'électricité à une pompe à chaleur, le canton du Valais compte environ 25'000 CHF pour la distribution au sol (prix non datés) : le détail est sur ma page remplacer un chauffage électrique en Valais.
Si la maison demande encore une eau trop chaude après ces adaptations, une chaudière à pellets automatique, alimentée seule depuis un silo, garde votre installation à radiateurs : elle les alimente comme votre chaudière actuelle. Je l'installe aussi. Pour remplacer une chaudière à mazout ou à gaz, un chauffage automatique au bois qui assure le chauffage et l'eau chaude fait partie des solutions standard de la loi valaisanne (ordonnance sur l'énergie, art. 62).
En altitude, une deuxième question s'ajoute : selon le canton du Valais, à partir d'environ 1'200 mètres, le rendement d'une pompe à chaleur air/eau diminue, et les chauffages centraux à pellets sont de plus en plus utilisés en montagne. Clèbes, où je suis installé, est au-dessus de cette altitude. Voir aussi pompe à chaleur en chalet de montagne et, si votre chaudière est en fin de vie, ce que la loi valaisanne permet de mettre à la place.
Ce sont les questions de ma fiche de relevé « Remplacement de chaufferie ». Si vous m'envoyez ces informations dès le premier message, je sais déjà quoi regarder quand je viens chez vous, et le prix vient après ce relevé.
Maison, appartement ou immeuble, année de construction, surface chauffée et nombre d'étages.
Récente ou ancienne : toiture, façades, fenêtres (simple, double ou triple vitrage).
Mazout, gaz, bois, électrique ou pompe à chaleur, marque et année d'installation.
Radiateurs en fonte, radiateurs récents, chauffage au sol, ou un mélange des deux.
Litres de mazout, m³ de gaz, stères de bois ou kWh par an, idéalement sur 2 à 3 ans.
Où il se trouve, la place disponible et l'accès, avec quelques photos si possible.
Le plus simple : un message WhatsApp avec ces six points et deux ou trois photos de votre chaufferie. Le modèle est déjà écrit, vous n'avez qu'à compléter.
Pas forcément. Selon SuisseEnergie, des radiateurs posés avant 1980 demandent 60 à 70 °C de départ par -8 °C dehors, à la limite d'une pompe à chaleur, voire au-dessus. Mais selon un projet de recherche soutenu par l'Office fédéral de l'énergie, des radiateurs posés plus grands que nécessaire, fréquents autrefois, permettent de baisser cette température. Si certaines pièces manquent de chaleur, on remplace leurs radiateurs par des modèles plus grands, pas forcément tous.
Jusqu'à 55 à 65 °C selon le fabricant, d'après des questions-réponses non datées de l'Office fédéral de l'énergie ; la valeur exacte figure sur la fiche technique de la machine. Mais plus l'eau part chaude, plus le rendement baisse : par grand froid, le projet EffiWag, soutenu par l'Office fédéral de l'énergie, a mesuré un coefficient de performance (la chaleur produite pour 1 kWh d'électricité) de 1,6 à 1,8 avec des radiateurs à 60 °C et plus, contre 2,5 avec des émetteurs basse température.
En faisant un relevé par temps froid. Quand il fait légèrement moins de 0 °C, baissez la courbe de chauffe de 3 °C et relevez la température des pièces pendant deux semaines, comme le décrit SuisseEnergie. Ce n'est pas un test officiel, mais si vos pièces restent confortables, c'est une information utile pour ma visite. Pas besoin de l'attendre pour m'écrire : le type de vos radiateurs et votre consommation suffisent pour commencer.
Non. Une pompe à chaleur est en principe plus efficace avec un sol chauffant, mais selon SuisseEnergie les modèles à technologie Inverter, dont le compresseur règle sa vitesse selon le besoin, atteignent aussi de bons rendements avec des radiateurs. Si vous posez un sol chauffant, l'ordonnance valaisanne sur l'énergie (art. 36) demande qu'il soit dimensionné pour 35 °C de départ au plus.
Un radiateur neuf ou remplacé doit être dimensionné pour une température de départ de 50 °C au plus (35 °C pour un chauffage au sol), à la température extérieure de dimensionnement, c'est-à-dire la température froide retenue pour calculer le chauffage. C'est l'ordonnance valaisanne sur l'énergie, art. 36. Les radiateurs existants que vous gardez ne sont pas visés.
D'abord, on cherche à baisser cette température : remplacer les radiateurs des pièces qui manquent de chaleur par des modèles plus grands, ou isoler. Si ça ne suffit pas, je vous propose une chaudière à pellets automatique (alimentée seule depuis un silo), que j'installe aussi : elle alimente vos radiateurs comme votre chaudière actuelle, et un chauffage automatique au bois qui assure le chauffage et l'eau chaude fait partie des solutions standard de la loi valaisanne pour remplacer une chaudière à mazout ou à gaz.
Pas directement, parce qu'aucune eau ne circule dans votre maison. Il faut d'abord créer une distribution, radiateurs à eau ou sol chauffant, et le canton aide à la créer. Tout est expliqué sur ma page remplacer un chauffage électrique en Valais.
Sources consultées le 6 novembre 2026 : SuisseEnergie, page « Pompes à chaleur » (radiateurs existants, conditions d'un fonctionnement efficace, coûts dans les bâtiments anciens) ; SuisseEnergie, fiche « Régler la courbe de chauffe » (températures de départ indicatives par -8 °C, méthode de baisse en trois degrés ; des repères de réglage, pas un test de compatibilité) ; Office fédéral de l'énergie, article « Baisse de la température de départ » (projet EffiWag, cinq immeubles de la région de Zurich) ; Office fédéral de l'énergie, questions et réponses sur la chaleur ambiante (page non datée) ; SuisseEnergie, brochure « Chauffez renouvelable » ; ordonnance valaisanne sur l'énergie (OcEne, RS VS 730.100, art. 36 et 62) ; canton du Valais, remplacer mon chauffage électrique (altitude, distribution au sol, pellets en montagne) ; canton du Valais, aides financières et directive PrgEN-VS 2025, toujours publiée par le canton au 6 novembre 2026 (non-cumul de la rénovation globale, aide à la première distribution de chaleur). Le montant d'une aide se confirme au dépôt du dossier.
Page tenue par Loïc Guiraud, chauffagiste et installateur sanitaire à Clèbes (Nendaz), fondateur de GRD Sanitaire-Chauffage. Mise à jour le 6 novembre 2026.
Envoyez-moi le type de vos radiateurs et votre consommation : c'est assez pour commencer. Je viens ensuite voir sur place, je chiffre l'installation et je monte le dossier de subvention.